#chronique: Autoboyographie de Christina Lauren

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Titre: Autoboyographie

Auteures: Christina Hobbs et Lauren Billing

Edition: Hugo Roman (New Way)

Lecture: en VF

Pages: 395

— RÉSUMÉ

Lorsque la famille de Tanner Scott quitte la Californie pour le plus traditionnel État de l’Utah, le jeune homme se rend à l’évidence : il va falloir rentrer dans le placard à nouveau. Après tout, il ne lui reste plus qu’un semestre à tirer avant la liberté (comprendre : fuir ce patelin dès que possible).

C’est alors que sa meilleure amie Autumn lui lance un défi : le prestigieux Séminaire de Provo High. Un programme où les étudiants ont quatre mois pour rédiger un roman. Challenge accepté !
Et Tanner ne regrette pas son choix. Il ne lui a fallu que quelques secondes pour repérer Sebastian Brother, le petit prodige – et accessoirement mormon – qui a remporté le Séminaire haut la main l’année passée.

Et quelques semaines pour tomber éperdument amoureux de lui…

— NOTE:  5/5

— CITATIONS

“Son sourire me fout en l’air.” — Christina Lauren

“Ce n’est pas son premier baiser, je le sais. Mais c’est son premier vrai baiser.” — Christina Lauren

“Que tu me brise le coeur, je m’en fous, Sebastian. Je me suis engagé là-dedans en sachant que ça pouvait arriver, et je te l’ai ouvert quand-même. Mais je ne veux pas que tu brises le tien. Avec toute la place que tu as pour ton église dans ton coeur, est-ce qu’elle en a pour toi?” — Christina Lauren

He is never going to be here, I thought. He is never coming back.
Was I okay with it? No. But missing him every day for the rest of my life was still easier than the fight Sebastian had: to stuff himself inside a box every morning and tuck that box inside his heart and pray that his heart kept beating around the obstacle. Every day I could go to class as exactly the person I am, and meet new people, and come outside later for some fresh air and Frisbee. Every day I would be grateful that no one who matters to me questions whether I am too masculine, too feminine, too open, too closed.
Every day I would be grateful for what I have, and that I can be who I am without judgment.
So every day I would fight for Sebastian, and people in the same boat, who don’t have what I do, who struggle to find themselves in a world that tells them white and straight and narrow gets first pick in the schoolyard game of life.
My chest was congested with regret, and relief, and resolve. Give me more of those, I thought to whoever was listening—whether it was God, or Oz, or the three sisters of Fate. Give me those moments where I think he’s coming back. I can take the hurt. The reminder that he’s not coming back—and why—will keep me fighting.” — Christina Lauren

— AVIS

Je pourrais vous dire que Autoboyographie a été un coup de coeur mais ce serait bien loin de la vérité. Parce qu’en réalité, il a été bien plus que ça et je ne sais d’ailleurs pas très bien par où commencer. Il y a des livres qui nous transportent dans de lointains univers et qui nous touchent. Et puis, il y a ceux qui se déroulent exactement ici, dans notre société, à l’heure actuelle, et qui nous grillent l’épiderme jusqu’à l’os. Autoboyographie est un de ces romans là.

J’ai énormément de choses à dire, du moins je sens énormément de choses gronder dans mon coeur après cette lecture, mais je ne sais pas très bien comment tout cela va sortir. Ce livre m’a parlé de plus d’une manière, il a fait violemment écho en moi et j’ai dû lutter contre mes émotions pratiquement à chacune de ses pages. Ce roman m’a tout simplement bouleversée, révoltée même par moment, j’avais le coeur en miettes en le refermant et j’ai pleuré comme un bébé même encore en lisant les remerciements. J’ai toujours été de nature assez émotive, un rien parvient à m’émouvoir (enfin seulement dans les livres et les films huhu), mais là c’était plus que ça. Autoboyographie m’a remué les tripes comme peu de romans l’avaient fait auparavant.

C’était mon premier roman M/M et bon sang de bonsoir, certainement pas mon dernier! J’ai trouvé ça tellement plus profond que la plupart des romances hétéro que j’ai déjà pu lire!  C’était juste MAGNIFIQUE. Le couple Tanner/Sebastian fonctionne du feu de dieu (sans mauvais jeu de mot), le travail de Christina Lauren est tout simplement fantastique, ultra réaliste et authentique à souhait. C’est beau putain! C’est de l’amour, du vrai, avec du respect, de la considération, des hauts et des foutus bas mais c’est beau. C’est parfaitement et incroyablement beau.

Á partir d’ici, j’ai besoin d’être bien au clair avec vous. Je ne fais personnellement pas partie de la communauté LGBT mais j’ai des amis très proches, des personnes que je considère pratiquement comme de ma famille, qui en font partie et qui ont eux-même souffert du regard de leurs parents après leur coming-out, voire qui en souffrent encore beaucoup aujourd’hui. J’imagine que c’est en partie pour ça que ce roman m’a touchée à ce point, pourquoi il m’a autant mise sur les nerfs aussi, et c’est probablement également pour cette raison que je risque d’être un peu virulente dans cette chronique. Mais trêve de bavardage, c’est maintenant que j’entre en guerre et que je vous explique!

L’intrigue créée par Christina Lauren se déroule aux Etats-Unis, plus précisément dans l’état de l’Utah où la communauté mormone est des plus présentes. Pour la faire courte, mon petit moi qui adoooooooore la religion (oui, c’est ironique puisque je suis athée jusqu’à la moelle), s’est retrouvé particulièrement heurté par les croyances véhiculées par les mormons dans ce livre. J’ai eu envie d’en secouer violemment un ou deux — voire même cinquante en fait — tellement leurs idées moyenâgeuses me sortaient par les yeux. Bien entendu, ce n’est pas la religion mormone que je condamne à proprement parlé ici. Je ne veux même pas condamner la religion en règle générale (alors que je le pourrais mais je compte rester la plus objective possible) puisque j’ai bien conscience que tout le monde n’est pas à mettre dans le même panier et que pour certains croyants, leur foi ne les empêche pas du tout d’être VRAIMENT tolérants. Non, j’ai envie de rendre ça plus global et de simplement penser que ce qui m’a particulièrement révoltée dans ce roman est l’idée que des individus puissent encore croire qu’ils ont le droit de juger deux personnes qui s’aiment. On vit au 21ème siècle, merde! J’ai eu tellement mal pour Sebastian. Le voir lutter autant contre sa nature simplement parce qu’il avait peur de perdre ses proches lorsqu’ils l’apprendraient m’a vraiment brisé le coeur. Ça ne devrait pas arriver. Ça ne devrait plus arriver. Sincèrement, j’aimerais recommander ce livre à tous les homophobes de la terre et leur demander ce qu’ils trouvent de moche à tout ça. L’amour est universelle, ouais. Certains humains croyants ou non feraient bien de s’en souvenir.

Maintenant que j’ai posé mon coup de gueule, reconcentrons-nous un peu sur ce livre. Vous l’avez compris, le sujet n’est pas drôle, ma lecture m’a foutue en rogne et mise parfois très en colère mais c’est ce que j’aime le plus dans un bon livre. Christina Lauren parviennent à nous faire passer par un millier d’émotions et surtout elles nous font réfléchir, elles nous forcent à regarder les deux côtés de la pièce et à ne pas nous baser sur nos à priori. Ce roman est bourré d’informations ultra intéressantes, même sur la communauté mormone, et les auteures ont fait un excellent travail de vulgarisation. Et puis bien sûr, on retrouve leur plume extraordinaire. Certaines de leurs phrases m’ont d’ailleurs tout simplement scotchée au plafond. Elles parviennent toujours à créer des personnages profonds et pleins de nuances et j’ai été ravie d’embarquer dans cette nouvelle histoire avec leurs mots. Elles ont clairement malmené mon coeur mais je leur pardonne: ça en valait vraiment la peine.

Un autre point très positif pour moi: j’ai adoré le fait qu’on explore pas seulement les difficultés des gay dans Autoboyographie mais que les deux auteures mettent également en scène la problématique de la bisexualité et des stéréotypes entourant cette orientation sexuelle. Á chaque fois que Tanner disait: « Ce n’est pas un choix que je peux faire ou non. Ça dépend de la personne pas de son sexe. », j’avais envie de sauter de joie en hurlant OUI OUI OUI. On entend encore tellement à l’heure actuelle: « Ouais nan, il est bi, il se cherche. » « Les bi ne sont pas vraiment bi, ils font juste des expériences. » que merde, ça fait du bien de lire des livres qui cassent un peu les préjugés les concernant.

Seul petit bémol pour moi —  mais cela n’a rien à voir avec l’histoire ou les auteures donc je n’ai pas voulu les pénaliser en diminuant ma note — la version française traduite chez Hugo Roman. Alors oui, désolée de jeter un nouveau pavé dans la mare mais les fautes d’orthographe HALLUCINANTES (sérieux, j’avais les yeux qui saignaient par moment) et les traductions parfois très approximatives m’ont un peu gâché ma lecture et particulièrement le début. Ce n’est pas le pire qui a déjà été fait chez Hugo dans le genre mais c’était déjà assez pour me convaincre que c’était la dernière fois que j’achetais un roman traduit chez eux. Sorry not sorry.

Eh bien voilà, on arrive au bout si vous m’avez suivie jusqu’ici. Vous l’aurez compris, je vous recommande à 100% cette magnifique lecture. Vous passerez par toute une palette d’émotions (pas toujours les meilleures je ne vous le cache pas oups) mais ça en vaut absolument le coup parce que le message que nous livrent les auteures est juste ultra important. J’ai été conquise par leurs mots, par leurs personnages bouleversants et par le mini combat que représente ce livre. Autoboyographie est un roman engagé qui mérite qu’on le lise, le lise et le relise encore. Pour tous les Sebastian et Tanner du monde.

3 réflexions sur “#chronique: Autoboyographie de Christina Lauren

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