#chronique: Ninth House de Leigh Bardugo

Titre: Ninth House / La neuvième maison

Autrice: Leigh Bardugo

Edition: Gollancz / Desaxus

Lecture: en VO

Pages: 450


— RÉSUMÉ

Alex « Galaxy » Stern a vécu une adolescence chaotique. Élevée à Los Angeles par une mère hippie, elle a abandonné l’école très jeune pour se retrouver dans un monde sombre, violent et sans avenir.

À 20 ans, elle est la seule survivante d’un horrible massacre inexpliqué, et c’est sur son lit d’hôpital qu’elle se voit offrir une seconde chance : rejoindre la prestigieuse université Yale en intégrant la maison Lethe. Cette entité, appelée La Neuvième Maison, surveille les huit sociétés secrètes de Yale ; ces dernières forment les futurs décideurs ainsi que les personnes influentes et pratiquent la magie sous différentes formes, bien souvent sinistres et dangereuses.

Alex a été choisie, car elle possède un pouvoir rare et mystérieux : elle peut voir les fantômes. Alors que son mentor a disparu, elle va devoir enquêter sur le meurtre d’une jeune fille. Ce qu’elle va découvrir va bien au-delà de l’horreur…

— NOTE: 2,75/5

— CITATIONS

“Mors irrumat omnia. Death fucks us all.” — Leigh Bardugo

“I want to survive this world that keeps trying to destroy me.” — Leigh Bardugo

“All you children playing with fire, looking surprised when the house burns down” — Leigh Bardugo

“I let you die. To save myself, I let you die. That is the danger in keeping company with survivors.” — Leigh Bardugo

— AVIS

Presqu’un mois. C’est le temps qu’il m’a fallu pour venir à bout de ce roman. Compte tenu de ma note, vous vous doutez que ça n’a pas été une partie de plaisir. J’ai même le regret de vous annoncer qu’il s’agit d’une de mes grosses déceptions de l’année. Pourtant, je dois dire que ça n’avait pas trop mal commencé! En me lançant dans Ninth House juste après Halloween, j’ai tout de suite aimé l’ambiance un peu creepy et sombre du roman, l’idée d’une enquête sur fond de magie, les sociétés secrètes de Yale, les fantômes,… Mais le problème, c’est que ça s’est rapidement limité à ça.

Les points que je viens de vous citer sont à peu près les seuls que j’ai appréciés jusqu’au bout. J’ai en effet hésité à abandonner ma lecture à de nombreuses reprises et la seule chose m’ayant encouragée à continuer (en diagonale malgré tout, je tiens à le préciser) a été mon envie de découvrir le fin mot de l’histoire, la résolution de l’enquête qui, dans l’ensemble, n’était pas trop mal menée.

Mais ça s’arrête là hum. Car voici la (longue) liste de tout ce qui m’a agacée, voire même insupportée, durant ma lecture:

  • Les longueurs. Ce livre était horriblement et inutilement long. À mon sens, il aurait d’ailleurs été bien meilleur avec moitié moins de pages. Les quelques éléments clés et moments d’actions de l’intrigue étaient totalement dilués dans une montagne de descriptions pénibles et soporifiques. Comprenez-moi bien: je n’ai rien contre les descriptions. Quand elles sont utiles et nécessaires à l’histoire et à son développement! Et connaître le moindre détail de toutes les façades des bâtiments de l’université de Yale en passant de la toiture aux poignées de portes jusqu’aux mauvaises herbes poussant entre les pavés, excusez-moi beaucoup mais non, ce n’est ni nécessaire ni utile… Surtout toutes les deux pages!
  • La violence. On le comprend rapidement en commençant Ninth House, il s’agit d’une fiction « adulte ». Les personnages principaux, principalement Alex, ont subi ou subissent bon nombre de traumas au cours de l’histoire. Et si en premier lieu, la représentation très graphique de ces violences physiques ou morales ne m’a pas dérangée (le sanglant/gore n’est pas quelque chose qui me rebute généralement), j’ai fini par trouver l’utilisation de cette violence totalement gratuite et de nouveau, pas toujours nécessaire à l’histoire. Surtout qu’elle visait essentiellement des femmes et ce tout au long du roman (faut-il vraiment encore répéter à l’heure actuelle que la psychologie d’une femme ne devrait jamais être réduite à un viol?)…
  • Les personnages. Il y en a beaucoup et Bardugo passe plus de temps à leur donner des surnoms compliqués qu’à vraiment nous donner de quoi les apprécier. J’ai aimé Alex, principalement pour sa force de caractère, mais je ne peux pas vraiment dire que je sois entrée en empathie avec elle. Pareil pour Darlington, Dawes et Turner qui sont à peu près les seuls que je réussissais à différencier sans me tromper. Leur psychologie était pratiquement inexistante malgré les flashbacks et efforts de l’autrice pour tenter de leur donner une substance à travers des traumas toujours plus violents. Et je ne vous parle même pas de la dizaine de personnages secondaires mentionnés ici et là sans véritable raison ou utilité.
  • L’écriture. Trop de références intellectuelles pompeuses, de dialogues compliqués et cérébraux, peu de spontanéité,… On sent que l’autrice a tenté d’adapter son style à son public mais j’ai personnellement trouvé ça beaucoup trop forcé et rasoir, voire même un peu présomptueux. Car comme l’a si bien dit ma tendre amie Api « C’est bon Martine, tu connais Harvard, on a compris. » Trop, c’est trop Leigh!
  • L’intrigue. Je vous ai dit que c’est ce que j’avais le plus apprécié et ce n’est pas totalement faux. Associé à l’ambiance du bouquin, aux sociétés secrètes et au mélange magie/fantômes, l’enquête menée par Alex est la seule chose un peu prenante dans ce roman. La fin est d’ailleurs assez réussie — le dernier cliff m’a en effet vraiment surprise — mais avant ça, je dois malgré tout vous avouer que l’ensemble restait très prévisible. À côté de Six of Crows et Crooked Kingdom par exemple, dont j’avais trouvé les intrigues beaucoup plus complexes, surprenantes et bien ficelées, Ninth House est, à mon sens, bien moins réussi.

En résumé? Malgré mon amour pour Leigh Bardugo et pour ses précédentes œuvres, celle-ci ne m’a malheureusement pas du tout convaincue. Ce roman était globalement trop long, l’intrigue très lente, les personnages plats et sans profondeur et l’écriture pas au niveau de ce à quoi l’autrice a déjà pu nous habituer dans ces récits YA. Et même si je vous encourage à vous faire votre propre avis sur Ninth House, je pense pour ma part m’arrêter là dans la lecture de cette nouvelle saga. Sachez en tout cas que si vous le commencez et que vous ne l’appréciez pas: vous n’êtes pas le ou la seul.e…

5 réflexions sur “#chronique: Ninth House de Leigh Bardugo

  1. Entournantlespages dit :

    C’est dommage que tu n’aies pas aimé mais c’est intéressant de voir les points qui t’ont dérangé, surtout que tu es habituée à apprécier les autres livres de Bardugo. J’ai adoré Six of crows, je suis donc curieuse de découvrir le style de l’auteure dans un autre genre. Ton avis va me permettre de ne pas en espérer trop, je lis beaucoup d’avis positifs dessus.

    Aimé par 1 personne

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